Zoonoses: quand les maladies du chien et du chat sont transmises à l’homme

Travail de Master de Robin Maksay sous la supervision du Dr. med. vet. Cristina Pérez Vera PhD, Dipl. ACVIM (SAIM)/ ECVIM-CA

On dénombre en Suisse environ 1,7 million de chats et plus de 500 000 chiens. Ces animaux de compagnie occupent généralement une place importante au sein des foyers et vivent en contact étroit avec les humains. Cette proximité favorise la transmission de maladies infectieuses de l’animal à l’homme et vice-versa, que l’on appelle des « zoonoses ». La plupart de ces affections sont bénignes et ne provoquent pas de troubles sérieux. D’autres, en revanche, peuvent induire des maux divers et mettre la vie humaine en danger. Cette brochure présente les zoonoses les plus fréquentes en Suisse ainsi que les mesures de la vie quotidienne permettant de s’en protéger efficacement.

Les zoonoses transmises par un vecteur, telles que la maladie de Lyme (contamination par une morsure de tique), ne font pas l’objet de ce site.

Les Campylobacter et les salmonelles sont considérés comme les principales causes de gastro-entérites (inflammations du système digestif) bactériennes chez les humains. On les retrouve d’ailleurs sur toute la surface du globe. Ils sont connus et craints dans le monde culinaire, mais on pense rarement à leur transmission entre les animaux de compagnie et l’homme. On estime entre 8000 et 9000 le nombre de cas annuels en Suisse, tous modes de transmission confondus.

Différentes classes d’animaux – mammifères, reptiles, oiseaux – peuvent être touchées, les chiens et les chats n’échappant pas à la règle, même s’ils présentent rarement des symptômes. Les chatons et les chiots sont plus fréquemment touchés par la maladie que les adultes et forment ainsi une source de contamination plus importante pour les êtres humains. Le chien mange régulièrement des excréments susceptibles d’être infectés et, de par sa proximité avec l’homme, constitue une voie d’infection relativement importante. Un animal sain peut également être porteur de ces bactéries.

Chez l’animal, l’apparition de diarrhées et de vomissements est un signe de la maladie, les salmonelles pouvant en outre causer des avortements. La guérison est généralement spontanée après quelques jours et ne nécessite aucun traitement particulier. Des antibiotiques sont administrés si l’état ne s’améliore pas ou si l’on désire réduire le risque pour les personnes en contact avec l’animal. Ces bactéries colonisent le système digestif et sont évacuées dans les crottes. Elles peuvent ainsi contaminer l’environnement et le pelage de l’animal.

L’homme s’infecte en ingérant accidentellement ces bactéries après avoir par exemple caressé un animal. Après un temps d’incubation de quelques heures à quelques jours, le patient peut manifester des troubles sous forme de diarrhée, de douleurs abdominales, de nausées ou de vomissements. La quantité de liquide ainsi perdue peut être conséquente et il est donc recommandé de bien s’hydrater. Un traitement antibiotique peut se révéler nécessaire si la personne est jeune, âgée ou possède un système immunitaire affaibli.


©VONSCHUBERTPHOTO; Institut de bactériologie vétérinaire, Faculté Vetsuisse, Université de Berne
Identification de salmonelles au laboratoire.


©VONSCHUBERTPHOTO; Institut de bactériologie vétérinaire, Faculté Vetsuisse, Université de Berne
Cultures bactériennes susceptibles de contenir des salmonelles.

Certaines mesures de précaution permettent de réduire efficacement le risque de transmission de ces bactéries à l’homme :

  • Nettoyage des mains: le lavage des mains après avoir touché un animal de compagnie réduit grandement le risque d’une éventuelle contamination.
  • Hygiène de la couche: comme les bactéries se retrouvent dans l’environnement immédiat de l’animal, le nettoyage de son lieu de vie (coussins, couvertures, etc.) diminue la probabilité d’infection.
  • Cuisson de la viande: s’assurer que la viande donnée à l’animal est suffisamment cuite

Bibliographie

Greene, C. E. (2012). Infectious Diseases of the Dog and Cat (4. Edition). Elsevier.

Lutz, H., Kohn, B., & Forterre, F. (2014). Krankheiten der Katze (5. Auflage). Enke.

Marks, S. L., Rankin, S. C., Byrne, B. A., & Weese, J. S. (2011). ACVIM Consensus Statement. Journal of Veterinary Internal Medicine, 19(1), 1–13. http://doi.org/10.1111/j.1939-1676.2009.0392.x

Office fédéral de la santé publique (OFSP). (2015). Campylobactériose. Retrieved from https://www.bag.admin.ch/bag/fr/home/themen/mensch-gesundheit/uebertragbare-krankheiten/infektionskrankheiten-a-z/campylobacteriose.html

Office fédéral de la santé publique (OFSP). (2016). Salmonellose. Retrieved from https://www.bag.admin.ch/bag/fr/home/themen/mensch-gesundheit/uebertragbare-krankheiten/infektionskrankheiten-a-z/salmonellose.html

Office fédéral de la sécurité alimentaire et des affaires vétérinaires (OSAV). (2006). Campylobacter et salmonelles, un danger pour l’homme et l’animal.

Office fédéral de la sécurité alimentaire et des affaires vétérinaires (OSAV). (2013). Salmonelloses. Retrieved from https://www.blv.admin.ch/blv/fr/home/suche.html#salmonellose

World Health Organization. (2013). Infections à Salmonella (non typhiques). Retrieved from http://www.who.int/mediacentre/factsheets/fs139/fr/

Brucella (canis, abortus, melitensis, suis) est une bactérie susceptible d’infecter aussi bien les animaux (dont les chiens) que les êtres humains. On la trouve principalement dans le bassin méditerranéen, en Asie centrale et méridionale ainsi qu’en Amérique centrale et du Sud. La maladie n’est pas endémique en Suisse et les cinq à dix cas annuels de brucellose humaine sont causés par des animaux importés.

Chez le chien, la maladie se caractérise principalement par des troubles reproducteurs, tels qu’avortements répétés ou infertilité. Des problèmes rénaux, oculaires ou osseux peuvent également être observés. De nombreux chiens sont porteurs de cette bactérie et le taux de mortalité reste faible.


© pixabay.com
Chez le chien, la maladie se caractérise principalement par des troubles reproducteurs, tels qu’avortements répétés ou infertilité.

Brucella est une bactérie intracellulaire, ce qui complique le traitement. Pour être efficace, celui-ci doit reposer sur l’association de plusieurs antibiotiques et son succès n’est jamais garanti. La solution la plus sûre pour éviter totalement la transmission aux humains ou à d’autres chiens reste malheureusement l’euthanasie.

La transmission à l’homme, cas rare, s’effectue par contact direct avec l’animal, principalement à la suite d’une exposition à des fluides vaginaux. Les personnes à risque sont les employés de chenils et les éleveurs. La brucellose humaine est une maladie longue et difficile à diagnostiquer, car les symptômes ne permettent pas d’en inférer directement la cause. Les principaux symptômes sont d’ordre grippal. Seuls 10% des personnes infectées développent des symptômes et 95% d’entre elles guérissent spontanément. Le taux de mortalité reste inférieur à 2% si la maladie est prise en charge rapidement. Le traitement consiste en une antibiothérapie efficace. Aucun vaccin n’est actuellement disponible.

Certaines mesures de précaution permettent de réduire efficacement les risques d’infection :

  • Port de gants : ne pas toucher des tissus avortés (fœtus, placenta) sans gants.
  • Désinfection : désinfecter tout ce qui a été en contact avec des tissus avortés ou des fluides vaginaux.
  • Nettoyage des mains : se laver les mains après un contact avec un canidé.
  • Prudence : éviter l’exposition aux chiens errants.

Bibliographie

Ettinger, S. J., & Feldman, E. C. (2010). Veterinary Internal Medicine (7. Edition). Saunders Elsevier.

Lucero, N. E., Corazza, R., Almuzara, M. N., Reynes, E., Escobar, G. I., Boeri, E., & Ayala, S. M. (2010). Human Brucella canis outbreak linked to infection in dogs. Epidemiology and Infection, 138(2), 280–285. http://doi.org/10.1017/S0950268809990525

Office fédéral de la santé publique (OFSP). (2015). Brucellose (fièvre de Malte, maladie de Bang, fièvre méditerranéenne). Retrieved from https://www.bag.admin.ch/bag/fr/home/themen/mensch-gesundheit/uebertragbare-krankheiten/infektionskrankheiten-a-z/brucellose.html

World Health Organization, & Corbel, D. M. (2006). Brucellosis in humans and animals. Health Education.

La dermatophytose est une maladie infectieuse de la peau causée par des champignons – des genres Microsporum, Trichophyton et Epidermophyton – qui se nourrissent de kératine, une protéine présente dans la peau, les cheveux, les poils et les ongles des êtres humains et dans la peau, les poils et les griffes des animaux. On estime que 10 à 30% des dermatophytoses humaines en zones urbaines sont d’origine animale.

Il s’agit d’une des infections zoonotiques les plus fréquentes chez les chiens et les chats. Elle peut également toucher d’autres espèces animales comme le cochon d’Inde. Ces champignons sont présents sur toute la surface du globe, plus particulièrement dans les régions chaudes et humides où leur survie est facilitée. La transmission se fait généralement par simple contact avec un animal infecté voire, dans certains cas, indirectement via des objets ou des surfaces contaminés.

Les symptômes sont le plus souvent observés chez les chiots et les chatons, où ils prennent la forme de taches circulaires sans poils (ou avec des poils cassants) et d’une peau croûtée, écaillée et rougie. Les parties atteintes peuvent également provoquer des démangeaisons. Les animaux adultes, en particulier les chats à poils longs, ne montrent pas nécessairement de symptômes et forment ainsi une source d’infection difficile à détecter.

Le diagnostic s’appuie sur les symptômes, l’examen microscopique d’un échantillon de peau ou de poil, la mise en évidence d’antigènes et une culture des champignons. Certains Microsporum réagissent également à la lumière ultraviolette. Dans la majorité des cas, le système immunitaire de l’animal suffit à éliminer la maladie ; on parle alors d’une maladie auto-limitante. Un traitement se révèle tout de même indiqué pour accélérer la guérison et limiter le risque de propagation.


© Département de dermatologie clinique, Faculté Vetsuisse, Université de Berne
Certains Microsporum réagissent à la lumière ultraviolette.

Chez l’homme, les premiers symptômes apparaissent entre une et deux semaines après l’infection et sont semblables à ceux observés chez les animaux : démangeaison, peau écailleuse, craquelée, lésion rouge circulaire, perte de cheveux ou de poils. Il s’agit d’une maladie très commune susceptible de toucher l’ensemble de la population – les personnes ayant un système immunitaire affaibli sont les plus à risque – et qui se soigne très bien.


© Département de dermatologie clinique, Faculté Vetsuisse, Université de Berne
Lésion rouge circulaire typique chez un humain.

On peut minimiser les risques d’infection grâce à divers gestes de la vie quotidienne :

  • Nettoyage des mains : se laver les mains avec du savon après avoir caressé ou joué avec un animal de compagnie.
  • Soin de la peau : une peau propre et sèche offre une meilleure protection contre le champignon.
  • Propreté : un passage régulier de l’aspirateur et de la serpillière ainsi que l’utilisation d’eau de Javel réduisent grandement la contamination de l’environnement.
  • Prudence : éviter les animaux infectés ; cela peut toutefois s’avérer difficile lorsque ceux-ci ne présentent pas de symptômes.

Bibliographie                                                   

Centers for Disease Control and Prevention. (2014). Ringworm (Dermatophytosis Infection). Retrieved from https://www.cdc.gov/healthypets/diseases/ringworm.html

Centers for Disease Control and Prevention. (2015). Ringworm. Retrieved from https://www.cdc.gov/fungal/diseases/ringworm/index.html

Chuard, C. (2009). Infections transmises par les animaux domestiques. Revue Medicale Suisse, 5(220), 1985–1990.

Ettinger, S. J., & Feldman, E. C. (2010). Veterinary Internal Medicine (7. Edition). Saunders Elsevier.

European Scientific Counsel Companion Animal Parasites (ESCCAP). (2016). Lutte contre les ectoparasites chez les chiens et les chats, (3), 1–16. Retrieved from http://www.esccap.ch/site/wp-content/uploads/2016/09/ESCCAP-CH_GL2_Dermatophytosen_f_def_Printversion_290916.pdf

Greene, C. E. (2012). Infectious Diseases of the Dog and Cat (4. Edition). Elsevier.

Kayer, F. H., Böttger, E. C., Zinkernagel, R. M., Haller, O., Eckert, J., & Deplazes, P. (2010). Taschenlehrbuch Medizinische Mikrobiologie (12. Auflag). Thieme.

Merchant, S. (2016). Dermatophytosis in Dogs and Cats: Dermatophytosis: Merck Veterinary Manual. Merck Veterinary Manual, 1–2. Retrieved from http://www.merckvetmanual.com/mvm/integumentary_system/dermatophytosis/dermatophytosis_in_dogs_and_cats.html

Echinococcus multilocularis est un ver plus connu sous le nom de ténia du renard. Il cause l’échinococcose alvéolaire (EA), qui est une zoonose potentiellement mortelle pour l’homme. On estime entre 20 et 30 le nombre de nouveaux cas par année en Suisse. Echinococcus multilocularis est localisé dans l’hémisphère Nord. Il est donc présent en Suisse, avec une prévalence sur le Plateau et dans l’Arc jurassien. Environ 30% de la population nationale de renards est infectée.


© Institut de parasitologie, Faculté Vetsuisse, Université de Berne
Le ver adulte Echinococcus multilocularis mesure entre 2 et 4 millimètres.

Ce parasite colonise au stade adulte le système digestif de certains carnivores (les « hôtes finaux ») tels que les renards, les chiens et les chats. Il y trouve les conditions idéales pour y pondre ses œufs qui seront ensuite évacués avec les selles de l’animal. Le chat étant moins sensible que le chien, la quantité d’œufs évacuée est de ce fait réduite. L’hôte final ne montre aucun symptôme, même en cas d’infection massive.

L’homme s’infecte en ingérant accidentellement les œufs du parasite, notamment :

  • par le contact main-bouche après avoir caressé un animal infecté, en particulier dans la région de l’arrière-train,
  • lors de travaux de jardinage (les œufs survivent dans la terre) ou
  • suite à la consommation de légumes ou de fruits contaminés.

L’ingestion d’œufs du parasite n’est pas automatiquement synonyme de maladie, puisque de très nombreuses personnes sont résistantes et empêchent l’établissement du parasite.

L’infection se développe tout d’abord de manière inapparente. Le parasite s’établit presque exclusivement dans le foie, et il faut attendre entre 5 et 15 ans pour constater les premiers signes cliniques : douleurs abdominales, jaunisse et perte de poids. La maladie est possible à tout âge, mais elle touche majoritairement les personnes entre 50 et 70 ans. Le diagnostic repose principalement sur l’imagerie médicale (présence de lésions qui ressemblent à des tumeurs dans le foie), la mise en évidence d’anticorps ou d’ADN et la biopsie. Cette dernière permet également de révéler les parasites dans le tissu hépatique.

Dans la plupart des cas, une chirurgie combinée à un traitement médicamenteux permet de contrôler la maladie.

Il existe des mesures simples de se protéger contre ce parasite :

  • Vermifugation mensuelle : une fois ingéré par un hôte final, Echinococcus multilocularis met 26 à 28 jours avant de commencer à pondre ses œufs. L’animal, bien qu’infecté, n’est donc pas encore contagieux. Une vermifugation une fois par mois avec un produit antiparasitaire permet de tuer les parasites adultes avant qu’ils ne commencent à produire leurs œufs. Un traitement mensuel est donc recommandé dans les zones à risques ainsi que pour les chiens et chats qui chassent fréquemment.
  • Nettoyage des mains : se laver les mains avec du savon et de l’eau chaude après un contact avec un carnivore ou des travaux de jardinage.
  • Nettoyage ou cuisson des aliments : les aliments qui poussent près du sol (jusqu’à une hauteur 50 centimètres) et les fruits tombés doivent être bien nettoyés ou cuits.
  • Exécution d’un test : un test spécifique visant à mettre en évidence les anticorps contre le parasite est possible pour les personnes régulièrement en contact avec des renards. Il doit être répété chaque année.

Bibliographie

Boch, J., Supperer, R., & Schnieder, T. (2006). Veterinärmedizinische Parasitologie (6. Auflage). Parey.

Chappuis, F. (2012). Echinococcose: la menace du renard urbain. Revue Medicale Suisse, 8, 989–993.

Deplazes, P., Eckert, J., von Samson-Himmelstjeerna, G., & Zahner, H. (2013). Lehrbuch der Parasitologie für die Tiermedizin (3. Auflage). Enke.

Labgaa, I., Pasche, O., Halkic, N., & Cornuz, J. (2011). Randonnée: Conseils utiles aux patients (2e partie). Revue Medicale Suisse, 7(319), 2356–2361.

Les gales sont des maladies infectieuses de la peau causées par différents acariens, Sarcoptes scabiei var canis, Cheyletiella yasguri, Cheyletiella blakei et Neotrombicula autumnalis, plus connus sous le nom d’aoûtats. Ils sont disséminés sur toute la surface du globe et causent une maladie bénigne, mais harassante pour l’homme. Il s’agit d’une des zoonoses les plus fréquentes chez l’être humain. Les acariens des animaux diffèrent de ceux qui produisent la gale humaine – Sarcoptes scabiei var hominis.


© Département de dermatologie clinique, Faculté Vetsuisse, Université de Berne
Sarcoptes d’un chien visible au microscope.

Ces acariens vivent sur les chiens et les chats et provoquent des démangeaisons, des inflammations de la peau et une perte de poils. Ils se transmettent par contact avec un animal infecté. Le diagnostic est posé suite à un examen microscopique d’un échantillon de peau ou un examen sanguin. La maladie est traitée grâce à des médicaments antiparasitaires.


© Département de dermatologie clinique, Faculté Vetsuisse, Université de Berne
Perte de poils et inflammation de la peau sur l’oreille causée par des acariens.

La transmission à l’homme s’opère lors d’un contact avec un animal porteur de ce type d’acariens. Les symptômes sont, comme chez les chiens et les chats, des démangeaisons et des inflammations de la peau. Etant dans l’impossibilité de se reproduire ailleurs que sur leurs hôtes finaux – les chats et les chiens – ces parasites meurent au bout de quelques jours, et les symptômes cessent également. Il s’agit donc d’une maladie auto-limitante chez l’homme.

La seule thérapie nécessaire est un traitement approprié de l’animal et de ses affaires contaminées. Un passage au lave-linge à 60°C permet de décontaminer efficacement le linge. Tout ce qui ne peut être mis en machine doit être isolé sans contact humain ou animal pendant 72 heures. Passé ce délai, les acariens ne survivent plus sans leur hôte.

Certaines mesures de précaution permettent de réduire efficacement les risques d’infection :

  • Traitement antiparasitaire : un traitement régulier permet de stopper une éventuelle infection. Demander conseil à son vétérinaire pour le choix du produit.
  • Limitation des contacts avec un animal infecté : permet de réduire le risque de transmission des acariens à l’être humain.

Bibliographie

Bandi, K. M., & Saikumar, C. (2013). Sarcoptic mange: A zoonotic ectoparasitic skin disease. Journal of Clinical and Diagnostic Research, 7(1), 156–157. http://doi.org/10.7860/JCDR/2012/4839.2694

Burroughs, R. F., & Elston, D. M. (2003). What’s eating you? Canine scabies. Cutis, 72(2), 107–109.

Centers for Disease Control and Prevention. (2010). Parasites - Scabies. Retrieved from https://www.cdc.gov/parasites/scabies/index.html

Deplazes, P., Eckert, J., von Samson-Himmelstjeerna, G., & Zahner, H. (2013). Lehrbuch der Parasitologie für die Tiermedizin (3. Auflage). Enke.

Gottstein, B. (2014). Milben, Räuden.

La giardiose est l’une des parasitoses gastro-entériques les plus courantes chez l’homme. Elle est provoquée par le protozoaire Giardia intestinalis (ou duodenalis), présent dans le monde entier et cause fréquente de la diarrhée du voyageur, plus communément appelée « tourista ».

Il existe sept types (appelés « génotypes ») différents de Giardia, désignés par les lettres A à G. Le chien est généralement infecté par les génotypes C et D, le chat par F et les humains par A et B. E et F sont rarement rapportés. Le risque de transmission de l’animal à l’homme est donc très faible.

Comme les bactéries Campylobacter et salmonelles, il colonise les intestins, puis est évacué par les excréments de l’animal. La contamination fait suite à l’ingestion du parasite. Une vaste étude européenne montre qu’environ 25% des chiens sont infectés.


© Institut de parasitologie, Faculté Vetsuisse, Université de Berne
Le kyste est le stade infectieux du parasite.

La plupart des contaminations par Giardia, qu’elles soient humaines ou animales, passent inaperçues. S’il devait toutefois y avoir des symptômes, ils apparaissent 5 à 15 jours après l’infection et sont semblables chez les humains et les animaux. Ils se manifestent principalement sous la forme de diarrhées, de déshydratation, de douleurs abdominales et de perte de poids rapide. Les chiens jeunes ou en chenils développent plus fréquemment la maladie en raison de leur système immunitaire affaibli. La giardiose est diagnostiquée par un examen des selles ou une recherche d’antigènes. La thérapie consiste en une prise de médicaments qui éliminent le parasite.

Il n’existe à ce jour pas de vaccin fonctionnel, mais le risque de transmission de l’animal à l’homme, bien que présent, reste faible. Une hygiène de base, telle que se laver les mains après avoir caressé un animal, permet de réduire le risque au minimum.

Bibliographie

Palmer, C. S., Traub, R. J., Robertson, I. D., Devlin, G., Rees, R., & Thompson, R. C. A. (2008). Determining the zoonotic significance of Giardia and Cryptosporidium in Australian dogs and cats. Veterinary Parasitology, 154, 142–147. http://doi.org/10.1016/j.vetpar.2008.02.031

Thompson, R. C. A. (2000). Giardiasis as a re-emerging infectious disease and its zoonotic potential. International Journal for Parasitology, 30(12–13), 1259–1267. http://doi.org/10.1016/S0020-7519(00)00127-2

Thompson, R. C. A. (2004). The zoonotic significance and molecular epidemiology of Giardia and giardiasis. Veterinary Parasitology, 126(1–2 SPEC.ISS.), 15–35. http://doi.org/10.1016/j.vetpar.2004.09.008

Thompson, R. C. A., Palmer, C. S., & O’Handley, R. (2008). The public health and clinical significance of Giardia and Cryptosporidium in domestic animals. Veterinary Journal, 177(1), 18–25. http://doi.org/10.1016/j.tvjl.2007.09.022

La cavité buccale, qu’elle soit humaine ou animale, héberge naturellement de nombreuses variétés de bactéries. Capnocytophaga est l’une d’entre elles. La gueule des chiens et des chats abrite Capnocytophaga canimorsus, une espèce absente de la bouche de l’homme, mais pathogène pour les êtres humains. La bactérie est répandue dans le monde entier et environ un quart des chiens et des chats en sont porteurs. Elle fait partie de leur flore buccale « normale » et ne les affecte pas.

La transmission de l’animal à l’homme se produit généralement par la morsure d’un chien, mais celle d’un chat, une griffure ou le léchage d’une plaie ouverte peuvent également être une source de transmission. La plupart des morsures canines et félines sont mineures et ne nécessitent pas de traitement particulier. Une infection – réplication de la bactérie dans le corps de l’hôte – se développe rarement chez une personne en bonne santé.


© pixabay.com
Eviter les situations pouvant conduire à une morsure permet de réduire les risques de transmission.

Environ cinq jours après la morsure, le patient souffre de symptômes grippaux tels que de la fièvre, des douleurs musculaires, des vomissements, de la diarrhée, des douleurs abdominales ou des maux de tête. Une personne saine guérit en général spontanément. L’infection, et surtout ses complications, apparaissent le plus souvent chez des personnes ayant un système immunitaire affaibli – prise de médicaments immunosuppresseurs, alcoolisme, maladies pulmonaires ou hépatiques chroniques – de même que chez des sujets qui ont subi une ablation de la rate ou sont âgés de plus de 65 ans. Elles peuvent entraîner le décès de la personne infectée. La maladie se soigne avec des antibiotiques.

L’infection de l’humain reste rare et il est possible de s’en prémunir :

  • Eviter les situations pouvant conduire à une morsure.
  • Socialiser les chiens.
  • Enseigner aux enfants comment se comporter avec les chiens et les chats (s’abstenir de courir ou de crier près d’un chien, ne pas tendre la main vers un chien inconnu, laisser l’animal sentir le dos de la main avant de le caresser).
  • Ne pas laisser un chien ou un chat lécher une blessure ouverte.

Après une morsure :

  • Nettoyer la plaie à grande eau afin de réduire nombre de bactéries présentes dans la blessure.
  • Savonner de la plaie : le savon aide également à éliminer les bactéries.
  • Consulter : l’Office fédéral de la santé publique (OFSP) recommande à tout patient ayant subi une ablation de la rate de consulter rapidement un médecin.

Bibliographie

Ettinger, S. J., & Feldman, E. C. (2010). Veterinary Internal Medicine (Seventh Ed). Saunders Elsevier.

Fleischer, G. R. (1999). The management of bite wounds. The New England Journal of Medicine, 137–147.

Gaastra, W., & Lipman, L. J. A. (2010). Capnocytophaga canimorsus. Veterinary Microbiology, 140(3–4), 339–346. http://doi.org/10.1016/j.vetmic.2009.01.040

Greene, C. E. (2012). Infectious Diseases of the Dog and Cat (Fourth Edi). Elsevier.

Office fédéral de la santé publique (OFSP). (2015). Prévention des infections graves dans les asplénies anatomiques ou fonctionnelles. Bulletin de l’OFSP, 10, 156–163. Retrieved from http://www.pigs.ch/pigs/05-documents/doc/asplenia-2015-f.pdf

Pers, C., Gahrn-Hansen, B., & Frederiksen, W. (1996). Capnocytophaga canimorsus septicemia in Denmark, 1982-1995: review of 39 cases. Clin Infect Dis, 23(1), 71–75. Retrieved from http://cid.oxfordjournals.org/content/23/1/71.full.pdf

 

La leptospirose est une maladie causée par des bactéries du genre Leptospira. Répartie mondialement, en particulier dans les régions chaudes et humides, elle est la zoonose la plus répandue. Elle reste toutefois rare en Suisse avec une moyenne de quatre personnes touchées par année. On observe une recrudescence de cas à la fin de l’été et en automne, due au fait que le climat, plus humide, permet une meilleure survie de la bactérie hors d’un organisme vivant.

Les rongeurs constituent le réservoir principal de la bactérie. Ils l’évacuent dans leur urine qui devient alors une source d’infection pour les animaux de compagnie. Les chiens s’infectent par contact avec cette urine ou avec de l’eau contaminée (flaques, étangs, etc.). Dans les mares chaudes, les bactéries peuvent rester infectieuses pendant plusieurs semaines. Cette pathologie est plus fréquente chez le chien que chez le chat qui se montre beaucoup plus résistant. De nombreux chiens surmontent l’infection sans problème, alors que d’autres développent différents symptômes.

Les premières manifestations se décèlent environ une semaine après l’infection. La leptospirose est susceptible d’entraîner la mort rapide de l’animal, mais la plupart des chiens commencent par avoir des symptômes grippaux, tels que de la fièvre, une faiblesse ou une perte d’appétit, puis des manifestations spécifiques aux organes touchés. On constate le plus souvent une atteinte rénale, mais aussi des saignements pulmonaires, une défaillance hépatique et des hémorragies capables d’entraîner la mort de l’animal, même après traitement. La principale méthode diagnostique est la recherche d’anticorps dans le sang. Une analyse de l’urine, la recherche d’antigènes ainsi qu’une culture de bactéries provenant de l’urine, du sang, des reins ou du foie permettent également de mettre en évidence la présence de leptospires.


© Département de néphrologie clinique, Faculté Vetsuisse, Université de Berne
Chien sous dialyse en raison d’une leptospirose.

L’homme peut souffrir de deux formes de leptospirose : la première, légère, se rapporte à des symptômes grippaux et demeure bénigne dans la plupart des cas. La deuxième, plus sévère, mais aussi plus rare, suppose une atteinte rénale pouvant être fatale, une jaunisse ou des saignements.

La maladie est, comme chez l’animal, diagnostiquée grâce à une recherche d’anticorps dans le sang. Elle est traitée par administration d’antibiotiques.

Certaines mesures de précaution permettent de réduire efficacement les risques d’infection :

  • Vaccination : il existe un vaccin pour les chiens qui doit être renouvelé chaque année. S’il n’est pas efficace à 100% (il n’est spécifique qu’à six sous-espèces de leptospires), il réduit drastiquement les risques de contracter la maladie et en atténue l’expression.
  • Nettoyage des mains : se laver les mains après un contact avec de l’urine animale.
  • Prudence : interdire à un chien de boire de l’eau stagnante.
  • Lutte contre les rongeurs : la chasse aux rongeurs permet de réduire leur nombre et par conséquent les risques de contamination.

Bibliographie

Ettinger, S. J., & Feldman, E. C. (2010). Veterinary Internal Medicine (7. Edition). Saunders Elsevier.

Gallardo, C., Williams-Smith, J., Jaton, K., Asner, S., Cheseaux, J. J., Troillet, N., … Berthod, D. (2015). Leptospirose familiale après rafting en Thaïlande. Revue Medicale Suisse, 11(470), 872–876.

Greene, C. E. (2012). Infectious Diseases of the Dog and Cat (4. Edition). Elsevier.

Nelson, R. W., & Couto, C. G. (2009). Small Animal Internal Medicine (4. Edition). Mosby Elsevier.

Office fédéral de la sécurité alimentaire et des affaires vétérinaires (OSAV). (2016). La leptospirose chez l’homme et chez l’animal. Retrieved from https://www.blv.admin.ch/blv/fr/home/tiere/tierseuchen/uebersicht-seuchen/alle-tierseuchen/leptospirose.html

Overesch, G. (2015). Borrelia – Leptospira – Campylobacter.

La maladie des griffes du chat est une maladie infectieuse transmise à l’homme par griffure ou morsure de chat infecté. Elle est causée par la bactérie Bartonella henselae répandue dans le monde entier, particulièrement dans les régions chaudes et humides. Les chats, et surtout les chatons, sont le réservoir principal (porteurs de la bactérie) de Bartonella henselae, Bartonella clarridgeiae et Bartonella koehlerae. Les chiens sont aussi infectés par diverses espèces de Bartonellae et partagent avec les humains plusieurs symptômes cliniques (par exemple l’inflammation des valves cardiaques).

Les Bartonellae sont des bactéries transmises par des ectoparasites (parasites vivant sur la surface externe d’un être vivant) et la transmission se fait surtout par les puces félines, même si de nouveaux vecteurs (tiques et mouches piqueuses) ont été identifiés. La bactérie est contenue dans les déjections des puces et se retrouve sur le pelage de l’animal. Les griffes et la gueule sont donc contaminées pendant la toilette et la transmission à l’homme s’opère en cas de griffure ou de morsure.


© pixabay.com
La maladie des griffes du chat est transmise à l’homme par griffure ou morsure de chat.

Les chats ne présentent généralement aucun symptôme lors de l’infection, même si des cas de fièvre, de léthargie, de gonflement ou inflammation des ganglions lymphatiques, d’inflammation de l’œil et des gencives ou de problèmes neurologiques sont parfois observés. Les félins peuvent être bactériémiques (porteurs de la bactérie dans leur sang) durant quelques mois, voire quelques années. En Amérique, en Europe, en Asie et en Afrique, la fréquence des bactériémies à Bartonellae oscille entre 15% et 55%. Les jeunes chats (de moins d’une année) abritent plus fréquemment Bartonella que leurs congénères adultes. La mise en évidence d’ADN spécifique à Bartonella permet le diagnostic.

Lors de l’infection humaine, les premiers symptômes apparaissent généralement après quelques jours. Les signes d’infection sont un gonflement des ganglions lymphatiques accompagnés de symptômes grippaux comme la fièvre, les frissons et les maux de tête. La maladie ne présente pas de danger pour les personnes saines, mais la guérison peut être longue. La prudence est de mise pour les personnes ayant un système immunitaire affaibli : cette maladie normalement sans gravité peut alors conduire à un sepsis (septicémie), une méningite ou une inflammation des valves cardiaques.

Les centres pour la prévention et le contrôle des maladies (cf. www.cdc.gov) préconisent les mesures suivantes pour se protéger efficacement contre cette maladie (ces précautions sont particulièrement importantes pour les personnes HIV-positives) :

  • Lutte contre les puces : protéger son chat contre les puces tout au long de l’année.
  • Nettoyage des mains : se laver les mains après avoir joué avec un chat (important pour les enfants et les personnes immunodéprimées).
  • Pas de jeunes chats : en présence d’une personne immunodéprimée, choisir un chat de plus d’une année, en bonne santé et sans puces.
  • Restriction des contacts : les immunodéprimés devraient éviter les contacts avec des chats inconnus.
  • Limitation des jeux animés : le risque de griffure ou de morsure augmente lors de jeux animés avec un chat.
  • Nettoyage des blessures : laver rapidement et minutieusement avec de l’eau et du savon toute blessure due à un chat et demander conseil à son médecin.
  • Prévention des contacts salive – sang : ne pas laisser un chat lécher une plaie ouverte.
  • Suppression des sorties : garder son chat à l’intérieur pour lui éviter une exposition aux puces.

Les soins suivants prodigués au chat permettent également de réduire les risques d’infection :

  • Entretien des griffes
  • Traitement contre les puces une fois par mois (attention : toujours demander conseil au vétérinaire et ne jamais utiliser de perméthrine pour traiter un chat !)
  • Inspection du pelage au moyen d’un peigne à puces et vérification de l’absence de déjections
  • Contrôle des puces via un passage régulier de l’aspirateur

Utilisation du peigne à puces :

  • Passer plusieurs fois le peigne dans le pelage de l’animal
  • Essuyer le peigne sur un morceau de papier ménage et humecter ce dernier
  • Les déjections de puces deviennent visibles sous forme de petites taches rougeâtres

Bibliographie

Boillat, N., & Greub, G. (2008). Maladie des griffes du chat et autres bartonelloses. Revue Medicale Suisse, 4(152), 901–907.

Centers for Disease Control and Prevention. (2016). Centers for Disease Control and Prevention. Retrieved from http://www.cdc.gov/healthypets/diseases/cat-scratch.html

Greene, C. E. (2012). Infectious Diseases of the Dog and Cat (4. Edition). Elsevier.

Hirsch, D. C., MacLachlan, N. J., & Walker, R. L. (2004). Veterinary Microbiology (2. Edition). Blackwell Publishing.

Nelson, R. W., & Couto, C. G. (2009). Small Animal Internal Medicine (4. Edition). Mosby Elsevier.

La toxocarose est une zoonose généralement sans conséquence causée par les vers Toxocara canis et Toxocara cati. Ces parasites sont répartis sur toute la surface du globe, et plus particulièrement dans les zones chaudes et humides où leurs œufs trouvent des conditions optimales de survie.

Ce parasite colonise au stade adulte le système digestif de certains carnivores (les « hôtes finaux ») tels que les chiens, les chats et les renards. Il y trouve les conditions idéales pour pondre ses œufs, qui seront ensuite évacués avec les selles de l’animal. Les œufs deviennent infectieux après deux à quatre semaines passées dans le milieu extérieur. L’animal ne tombe généralement pas malade. S’il est infecté par un grand nombre de vers, on peut cependant observer des symptômes de gastro-entérite tels que de la diarrhée, des vomissements, des coliques ou un abdomen gonflé et sensible.


© Institut de parasitologie, Faculté Vetsuisse, Université de Berne
Ce parasite colonise au stade adulte le système digestif de certains carnivores.

Ce parasite utilise différents moyens de transmission : excréments contenant des œufs, infection des fœtus par le placenta ou infection des nouveau-nés par contamination du lait de la mère allaitante.

L’homme s’infecte en ingérant accidentellement les œufs du parasite, notamment :

  • lors de travaux de jardinage (les œufs survivent dans la terre),
  • après avoir joué dans un bac à sable ou
  • suite à la consommation de légumes ou de fruits crus contaminés.

Une fois l’œuf dans les intestins, une larve s’en dégage, traverse la paroi intestinale et migre dans le corps grâce au réseau sanguin. La majorité des infections humaines ne présente pas de symptômes et le malade ignore qu’il a été contaminé. Les larves migrent dans différents organes et finissent par mourir.

Si la quantité d’œufs ingérée est importante, l’inflammation engendrée par la migration des larves dans le corps peut causer différents symptômes selon les organes touchés, tels que de la fièvre, des douleurs abdominales ou de la toux. Une perte le plus souvent unilatérale de la vision est également possible (une larve peut atteindre l’œil et y provoquer une inflammation). Les enfants sont plus fréquemment touchés par la maladie, car davantage susceptibles d’entrer en contact avec les œufs (jeux dans la terre, mains sales, etc.).

La toxocarose se soigne généralement bien par des médicaments antiparasitaires. Lors d’une atteinte oculaire, le traitement est plus compliqué et axé sur la prévention de la perte totale de la vision.

Une prévention efficace de la toxocarose est possible. Les centres pour la prévention et le contrôle des maladies (cf. www.cdc.gov) préconisent les mesures suivantes pour se protéger contre cette maladie :

  • Vermifugation mensuelle : une fois ingéré par un hôte final, Toxocara met quatre semaines avant de commencer à pondre ses œufs. L’animal, bien qu’infecté, n’est pas encore contagieux. Une vermifugation une fois par mois avec un produit antiparasitaire permet de tuer les parasites adultes avant qu’ils ne commencent à produire leurs œufs. Un traitement mensuel est ainsi recommandé dans les zones à risques ainsi que pour les chiens et les chats qui ont accès à l’extérieur. Dans le cas contraire, un traitement trimestriel est conseillé.
  • Nettoyage des mains : se laver les mains avec du savon et de l’eau chaude après avoir joué ou caressé un animal de compagnie.
  • Nettoyage de la caisse : nettoyer la caisse de l’animal au moins une fois par semaine. Il faut en effet deux à quatre semaines aux œufs pour devenir infectieux.
  • Restriction d’accès : couvrir les bacs à sable, ne pas laisser un enfant jouer dans un endroit souillé par des excréments de chiens ou de chats.
  • Apprentissage : enseigner aux enfants l’importance du nettoyage des mains.
  • Nettoyage ou cuisson des aliments : les aliments qui poussent près du sol (jusqu’à une hauteur de 50 centimètres) et les fruits tombés doivent être bien nettoyés ou cuits.

Bibliographie

Centers for Disease Control and Prevention. (2013). Parasites - Toxocariasis. Retrieved from www.cdc.gov/parasites/toxocariasis/biology.html

Deplazes, P., Eckert, J., von Samson-Himmelstjeerna, G., & Zahner, H. (2013). Lehrbuch der Parasitologie für die Tiermedizin (3. Auflage). Enke.

European Scientific Counsel Companion Animal Parasites (ESCCAP). (2014). Bekämpfung von Würmern (Helminthen) bei Hunden und Katzen, (1).

La toxoplasmose est une zoonose infectieuse causée par le parasite Toxoplasma gondii qui n’a généralement pas de conséquences majeures. Il est présent sur toute la surface du globe – plus fréquemment dans les régions chaudes et humides – et on estime qu’environ un tiers de la population humaine mondiale est infectée. Ce constat est également valable pour la Suisse.

Les félidés – chats domestiques, chats sauvages et lynx – sont les hôtes finaux de ce parasite dont ils sont la principale source de contamination. La toxoplasmose peut toucher à la fois les mammifères à sang chaud – dont l’être humain – et les oiseaux.

Après s’être infectés en mangeant des rongeurs ou des oiseaux contaminés, les chats voient leurs intestins colonisés par T. gondii, où le parasite se réplique avant d’être évacué dans les crottes. Ces dernières contaminent ainsi leur environnement (sol, caisse à chat, bac à sable, etc.). Les individus en bonne santé ne montrent généralement aucun symptôme. Les chats qui présentent une faiblesse immunitaire peuvent tomber malade et souffrir de fièvre, de paralysie, de diarrhée, de détresse respiratoire ou d’inflammation oculaire. La présence du parasite dans les crottes subsiste jusqu’à trois semaines après l’infection. Le diagnostic s’effectue grâce à un examen microscopique des excréments. Il n’existe actuellement aucun vaccin pour les chats.


© pixabay.com
Le chat s’infecte en mangeant des rongeurs ou des oiseaux contaminés

Le risque d’une exposition humaine est relativement faible, car les chats ne sont porteurs de T. gondii que pendant quelques semaines. Le fait de posséder un chat n’est donc pas synonyme d’infection à T. gondii. Il est peu probable qu’un propriétaire soit exposé au parasite par le simple fait de toucher son chat, car ce dernier ne porte généralement pas le parasite sur son pelage. Par ailleurs, un chat restant à l’intérieur, ne chassant pas ou ne mangeant pas de viande crue a peu de chance d’être infecté.

L’homme s’infecte en ingérant accidentellement les œufs du parasite, notamment :

  • après le nettoyage de la litière du chat,
  • par le contact main-bouche, après avoir touché des matières souillées par des fèces de chat infectées,
  • lors de travaux de jardinage,
  • en consommant de la viande crue ou mal cuite (le parasite infecte tous les mammifères et les oiseaux) ou
  • en buvant de l’eau non contrôlée.

Le système immunitaire d’une personne saine est le plus souvent capable de neutraliser le parasite et l’infection passe alors inaperçue. Si une personne doit néanmoins contracter la maladie, celle-ci se traduit par de légers symptômes grippaux qui s’estompent au bout de quelques semaines, voire de quelques mois. La toxoplasmose peut prendre une tournure plus grave si elle touche un individu dont le système immunitaire est affaibli. Le diagnostic de la maladie s’effectue généralement grâce à un examen sanguin. La thérapie, qui consiste en une prise de médicaments anti-protozoaires, n’est indiquée que lors de complications.

La toxoplasmose comporte des risques sérieux pour les femmes enceintes. Si une femme est infectée pour la première fois durant sa grossesse, le parasite peut être transmis au fœtus avec des risques d’atteinte à la santé du nouveau-né, voire de fausse-couche. Souvent, la maladie ne se déclare que bien plus tard dans la vie de l’enfant. Il est donc très important pour les femmes enceintes de se préserver d’une première infection tout au long de leur grossesse.

Les centres pour la prévention et le contrôle des maladies (cf. www.cdc.gov) préconisent les mesures suivantes pour se protéger efficacement contre cette maladie (ces précautions sont particulièrement importantes pour les personnes immunodéprimées, telles que les femmes enceintes et les personnes HIV-positives) :

  • Hygiène : porter des gants lors des activités de jardinage, se nettoyer les mains avec du savon et de l’eau chaude.
  • Hygiène (bis) : vider la litière et laver la caisse une fois par jour. Les œufs deviennent infectieux entre un et cinq jours après leur émission par l’animal.
  • Prudence : une femme enceinte ou une personne immunodéprimée ne devrait pas changer la caisse elle-même. S’il n’existe pas d’autre possibilité, nettoyer la litière avec des gants et se laver soigneusement les mains après le retrait des gants.
  • Nourriture : nourrir les chats avec de la nourriture industrielle ou bien cuite.
  • Restriction d’accès : couvrir les bacs à sable extérieurs.
  • Suppression des sorties : garder un chat à l’intérieur limite le risque qu’il attrape des proies potentiellement infectées.
  • Pas de nouveau chat : éviter les chats errants, ne pas prendre un nouveau chat durant la grossesse.

Une certaine prudence s’impose également vis-à-vis de la nourriture :

  • Ne pas boire d’eau d’origine douteuse.
  • La viande doit avoir été cuite à cœur ou avoir été congelée à -20°C durant plus de 48 heures.
  • Les légumes peuvent également avoir été contaminés par des crottes de chats : il convient donc de les nettoyer soigneusement et de se laver les mains ensuite.

Bibliographie

Centers for Disease Control and Prevention. (2016). Parasites - Toxoplasmosis. Retrieved from https://www.cdc.gov/parasites/toxoplasmosis/

Kaparos, N., Favrat, B., & Acremont, V. D. (2014). Fièvre, adénipathie: une situation clinique de toxoplasmose aiguë chez une patiente immunocompétente. Revue Medicale Suisse, 10, 2264–2270.

Office fédéral de la sécurité alimentaire et des affaires vétérinaires (OSAV). (n.d.). Toxoplasmose. Retrieved from https://www.blv.admin.ch/blv/fr/home/tiere/tierseuchen/uebersicht-seuchen/alle-tierseuchen/toxoplasmose.html

Office fédéral de la sécurité alimentaire et des affaires vétérinaires (OSAV). (2016). Toxoplasmose chez l’animal. Retrieved from https://www.blv.admin.ch/blv/fr/home/tiere/tierseuchen/uebersicht-seuchen/alle-tierseuchen/toxoplasmose.html#

PharmaWiki. (2009). Toxoplasmose.